Les vrais « assistés »

Ceci est la suite de l’article En finir avec les conneries sur les « assistés » et l’ « assistanat » !

La première partie s’intitulait Les « assistés » sont ceux qui touchent le RSA

Voici la deuxième partie. 

2. Qui sont les vrais « assistés » ? Ceux qui vivent du travail des autres ?

La droite et l’extrême-droite définissent l’assistanat comme le fait de « profiter, vivre, du travail des autres ». Les assistés seraient ainsi une espèce de parasites vivant aux crochets des autres. J’ai expliqué dans la première partie en quoi c’était faux lorsqu’on prenait le temps de s’intéresser aux individus, à leur parcours et aux opportunités qui leur sont offertes ou pas.

Ici je vais plutôt m’intéresser à ce qui relève de l’idée de « vivre du travail des autres » ou dit autrement du « parasitisme social » qu’on retrouve dans les discours de la droite et de l’extrême-droite.

Pour eux, les assistés seraient ceux qui vivent des prestations sociales payées avec l’argent des prélèvements sociaux (impôts et cotisations sociales) via le principe de redistribution. Mais si on prend le temps d’y réfléchir deux secondes, on s’aperçoit que tous, nous profitons, à un moment ou à un autre, des prestations sociales : lorsqu’on est malade, lorsqu’on a un accident, lorsqu’on prend sa retraite, lorsqu’on se retrouve au chômage, lorsqu’on a des enfants, par exemple.

Certains me diront : « mais certains individus paient plus en impôts, en cotisations, que ce dont ils vont bénéficier ». A ceux-là je leur réponds deux choses :

(1)   Comparer ce que vous payez sur une année avec ce que vous recevez n’a pas tellement d’intérêt. Pour être rigoureux, vous devriez comparer ce que vous avez payé durant toute votre vie avec ce que vous avez reçu pendant toute votre vie. Pourquoi ? Du fait de l’incertitude de l’existence.

Je m’explique. Vous ne pouvez jamais savoir si demain, le mois suivant, l’année prochaine ou dans 5 ans, vous ne serez pas malade, blessé, au chômage, ou autre chose. Je ne vous le souhaite pas. Cependant, vous ne pouvez me garantir que cela n’arrivera pas. Or, si cela arrive, vous bénéficierez peut-être alors de prestations supérieures à votre contribution.

La suite logique est que vous ne pouvez savoir si vous avez payé plus que ce dont vous avez bénéficié seulement lors de votre mort. Ce qui revient à dire que personne ne peut prétendre payer plus que ce dont il bénéficie. Sauf à voir l’avenir et prédire la bonne aventure ! Tout ce que chacun peut observer et remarquer c’est ce qu’il paie à un moment t (par exemple en 2016) et ce qu’il reçoit à ce même moment t. Mais comme je viens de l’expliquer cela n’a pas grand intérêt puisqu’il faut considérer toute la vie de l’individu.

Bien entendu, tout ce que je viens de dire suppose de disposer, d’un système de protection sociale et d’un système fiscal, stables, c’est-à-dire qui ne changent pas tous les ans. Sinon, il est évident que certaines personnes seront avantagées au détriment d’autres et surtout, cela ne fera qu’accentuer la défiance envers un système social mutualiste et redistributeur.

(2)   S’il est assez facile de calculer ce que vous payez en prélèvements obligatoires, il est très difficile voire même impossible de déterminer, en terme monétaire, la valeur de ce dont vous bénéficiez. Bien entendu vous pouvez faire la somme des prestations sociales dont vous profitez – bien que j’ai expliqué précédemment pourquoi c’était de peu d’intérêt. Mais même en faisant cela, vous n’obtiendrez jamais le résultat de ce dont vous bénéficiez grâce aux impôts, aux cotisations sociales, bref grâce aux prélèvements obligatoires.

Prenons un exemple très simple. Vous n’avez pas d’enfants. Pourtant les impôts que vous payez servent à payer du personnel au sein de l’Education Nationale, entretenir des locaux, acheter du matériel, etc, ce qui bénéficiera aux familles ayant des enfants. Si vous êtes un esprit simpliste vous vous en offusquerez : « pourquoi je paie pour les autres ? ». Mais si vous avez deux sous de bon sens vous comprendrez que vous en bénéficiez aussi de manière indirecte. Certes, vous n’avez pas d’enfants, mais qui va vous soigner, qui va travailler pour payer votre retraite, qui va produire les marchandises que vous allez vendre ou acheter ? Une partie de ces gens sera les enfants qui ont été formés à l’Ecole républicaine grâce aux prélèvements que vous avez payés. Il est donc dans votre intérêt de payer pour que ces enfants soient formés, soient soignés, etc. Et ce qui est valable pour les enfants est valable pour n’importe lequel d’entre nous.

Je viens d’expliquer en quoi définir l’ « assistanat » ou les « assistés » par le « parasitisme social » ou le « ils-vivent-du-travail-des-autres » était fallacieux sauf à considérer que nous sommes tous des « assistés » ! Cependant, je vais, pour le reste de cet article, prendre au pied de la lettre cette antienne de la droite et de l’extrême-droite : « les assistés sont ceux qui vivent du travail des autres ».

Lorsque quelqu’un m’énonce cette phrase, les premières personnes auxquelles je pense ne sont, en général, pas celles auxquelles mon interlocuteur pense. Dans la majorité des cas, celui-ci fait référence à ces « salauds de pauvres qui vivent des allocs, profitent de notre système social, surtout s’ils n’ont pas la bonne couleur de peau… » Pour moi, cela fait référence à toutes ces personnes qui vivent de ce qu’on appelle les revenus du capital, ou encore les revenus de l’épargne, ou encore les revenus financiers, l’exemple paradigmatique étant,

soit celui de l’actionnaire qui tire son revenu du fait qu’il possède un titre de propriété d’une société (l’action),

soit celui du spéculateur qui tire ses revenu non pas directement des titres financiers qu’il possède (contrairement à l’actionnaire) mais par leur revente en fonction du prix sur le marché.

Dans les deux cas, ils tirent leur revenu du travail fourni par ceux qui travaillent dans l’entreprise dont ils possèdent les titres de propriété. Directement pour l’actionnaire qui perçoit un dividende provenant des bénéfices de l’entreprise, qui existent grâce au travail des salariés. Indirectement pour le spéculateur, par la valorisation marchande de son titre de propriété permise par la croissance économique de l’entreprise, qui ne peut exister que grâce au travail du personnel.

Ainsi, les assistés, ceux qui vivent du travail des autres sont bien ceux qui vivent des revenus financiers, du capital, de l’épargne, peu importe le terme qu’on préfère. Les Bettencourt, Dassault, Pinault, Bouygues, Bolloré, Rothschild, Drahi, pour citer les plus emblématiques et ceux qui profitent le plus de « l’assistanat » ! Et à votre avis, à quel bord politique appartiennent-ils ? Quel parti politique défend leurs intérêts ? La droite bien entendu. Et oui ! C’est bien la droite, l’UMP-LR qui défend l’assistanat et les assistés.

N.B. : Une petite précision. Je n’ai pas de reproches personnels envers les assistés qui vivent du travail des autres comme Bettencourt, Dassault, Pinault, Bouygues, Bolloré, Rothschild, Drahi et les autres – je signale au passage que les 1 % les plus riches Français captent 32 % des revenus du capital – ils profitent d’un système. C’est donc contre ce système que je m’élève et non pas envers les assistés précités qui en bénéficient. Si je critique vertement certains individus, ce n’est pas pour ce qu’ils sont (contrairement à ce que fait l’extrême-droite), c’est pour les idées qu’ils défendent et pour leurs agissements.

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